2H2 – L’invention de la citoyenneté dans le monde Antique


Le monde grec est aux Vème et IVème siècle avant J.-C. un monde de cités qui couvre l’ensemble de la mer Egée. Ce monde se définit par une unité culturelle (la langue, la religion) mais chaque cité possède son propre régime politique, ses propres lois. Athènes occupe une position particulière dans cet espace et met en place de façon progressive un système démocratique qui durera jusqu’à la fin du IVème siècle. La cité est alors gouvernée par l’ensemble de ses citoyens. Néanmoins, l’accès à la citoyenneté y est fortement limité. Aussi quelle est le fonctionnement réelle de la démocratie athénienne?
A partir du Ier siècle avant J.-C., Rome, conquiert un territoire extrêmement vaste à la tête duquel l’empereur concentre l’essentiel des pouvoirs. Fort d’une population de près de 70 millions d’habitants au IIIème siècle, l’Empire romain dirige des provinces disparates. La citoyenneté va alors devenir un outil privilégié de romanisation des peuples de l’Empire. Mais sans pouvoir démocratique, quels sont les droits et les obligations que confèrent cette citoyenneté?

Problématique : Qu’est ce qu’être citoyen dans la démocratie athénienne des Ve et  IVe siècle et dans l’Empire romain ?

I – Citoyenneté et démocratie à Athènes au V- IV è siècles av. J.-C.

A) Etre citoyen à Athènes

=> Quelles sont les caractéristiques de la citoyenneté ?
• Égalité de tous devant la loi
• Distinction en fonction du mérite personnel
• Pas d’exclusion à la citoyenneté pour des motifs liés à l’argent
• Liberté d’action des citoyens dans le cadre de la loi

La citoyenneté n’est basée sur aucune condition d’argent, de propriété ou d’éducation, elle s’obtient par la naissance

=> A quel principes supérieurs sont soumis les citoyens?
Les citoyens athéniens sont soumis aux lois des hommes (contrôlées par les Magistrats) mais surtout aux lois divines.

Fiche activité n°1 (tirée du manuel Nathan) 2h2-fiche-activite-1

Présentez le document 2 (nature, auteur, date, source).
Le document 2 est un extrait de « La Constitution d’Athènes » selon Aristote datant du IVe siècle avant J.-C. C’est un document source qui témoigne de la façon dont les athéniens de venaient citoyens (l’éphèbie).

Calculez la proportion de citoyens et de non-citoyens à Athènes au milieu du Ve siècle avant J.C. (document 1)
Les citoyens représentent 80 000 personnes sur environ 300 000, soit approximativement 26,6%. Cependant si on considère uniquement les citoyens « actifs », sans les femmes = moins de 13 %

Quelles sont les conditions à remplir pour devenir citoyen ? (document 2)
Pour être citoyen il faut être l’enfant légitime de deux parents citoyens, être agé de plus de 18 ans et être de condition libre.Enfin il faut passer deux années d’éphébie.

Quelle est la place des femmes à Athènes (documents 1 et 3)
Les femmes ne participent pas directement à la vie citoyenne à Athènes cependant elles ont deux fonctions très importantes. d’une part elles transmettent la citoyenneté à leurs enfant et d’autre part, elles ont des fonctions religieuses.

Qui sont les non-citoyens ?  (document 1)
Les non citoyens sont les enfants de moins de 18 ans, les métèques et les esclaves.

Quel est l’utilité des métèques à Athènes ? (document 4)
Les métèques sont les étrangers non originaires de la cité. Ils exercent des métiers utiles : commerçants, artisans et paient une taxe de résidence.

Comment les esclaves sont-ils considérés à Athènes ? Comment cela est-il justifié ?
Les esclaves sont considérés comme des animaux. Selon Aristote c’est la nature même des esclaves et leur vigueur qui les rend propres aux travaux nécessitant une grande force physique (contrairement aux citoyens)

ARGUMENTATION :

Le monde grec est constitué de nombreuses cités, des communautés de personnes, possédant leur propres régimes et leurs propres lois. Parmi elles, Athènes compte environ 40 000 citoyens au Vème siècle sur une population d’environ 300 000.

La citoyenneté à Athènes s’acquiert par le seul fait d’être l’enfant légitime d’un père citoyen et d’une mère fille de citoyen. C’est le décret de Périclès (451 avant JC) qui fixe ces conditions. (auparavant être simplement fils d’un citoyen était suffisant). Les jeunes hommes de 18 ans sont alors inscrit sur le registre du dème. Après l’éphèbie, une période de formation militaire et civique de deux ans marquant le passage à l’âge adulte, tous les jeunes garçons deviennent pleinement citoyens sans distinction de richesse ou de pauvreté.

1°) Les citoyens
Cependant différentes catégories de personnes sont exclues de la citoyenneté, à commencer par les femmes qui ne participent pas à la vie politique et doivent s’occuper des tâches domestiques (enfants, supervision du travail des esclaves etc.)
Les métèques qui sont des étrangers de condition libre ne sont pas non plus autorisé à accéder à la citoyenneté. Ils sont autorisés à demeurer sur le territoire de la cité en échange du paiement d’une taxe de résidence, le metoikion. En échange de celle-ci ils obtiennent certains droits et participent à la vie de la cité (fêtes religieuse, défense de la cité…)
Enfin les esclaves sont totalement exclus de la vie civique et n’ont aucun droit. Ils appartiennent soit à des particuliers soit à la cité et sont considérés comme des biens matériels. Le travail des esclaves peut être domestique mais aussi artisanal, dans les mines, sur les chantiers etc.

2°) Les exclus
Les exclus de la citoyenneté ont pourtant des rôles et des fonctions indispensables à la vie de la cité. Les femmes sont depuis le décret de Périclès celles qui transmettent la citoyenneté (avec le père) à l’enfant. Par ailleurs elles exercent de nombreuses fonctions religieuses auprès des divinités grecques et notamment d’Athéna.

Les métèques comme les esclaves peuvent être appelés à défendre la cité en cas de besoin mais le rôle des métèques ne s’arrête pas là puisqu’ils tiennent une place très importante dans la vie de la cité d’un point de vue économique.

L’accès à la citoyenneté est donc fortement limité à Athènes. Elle peut toutefois être dans de très rares cas – accordée par un vote des citoyens à un étranger en récompense de grands service rendus à la cité.

B) L’exercice de la citoyenneté dans la démocratie athénienne

1) Le fonctionnement démocratique
=> Le territoire de l’Attique (Athènes et environ) a été divisé en 10 tribus par Clisthène (570 – 473 avt JC) : territoire de la côte, un de la ville et l’un de l’intérieur.
=> La démocratie athénienne repose sur l’égalité de tous les citoyens devant la loi. Ils peuvent exercer un contrôle permanent sur la vie de la cité et sur ceux qui en ont la charge.

  • Assemblée du peuple (ecclesia) grandes décisions prises en commun par l’ensemble des citoyens. Elle se réunit une quarantaine de fois par an. Tout citoyen peut y prendre la parole. C’est dans ce cadre qu’on vote les lois qu’on élit les principaux magistrats et qu’on débat de toutes les affaires importantes en politique intérieure ou extérieure.
  • Un conseil de 500 membres (tirés au sort annuellement parmi les citoyens de plus de 30 ans), la Boulè, et des magistrats constituent les autres organes du gouvernement. La Boulé prépare les décisions à prendre par l’Ecclesia et les fait appliquer.
  • Les citoyens sont également appelés à rendre la justice. Les affaires civiles sont jugées par un grand tribunal populaire, l’Héliée, composé de 6000 membres tirés au sort.
  • Les magistratures sont collégiales et annuelles. Les principaux magistrats (les 10 stratèges par exemple) doivent remplir certaines conditions et être élus, alors que les autres sont tirés au sort.

2°) Les droits et les devoirs du citoyen athénien

=> Les droits
→ Les citoyens disposent de droits civiques très étendus : ils votent les lois, contrôlent leur application, rendent la justice etc.
→ Les magistrats reçoivent des indemnités (pour pallier le manque à gagner des journées de travail perdues des citoyens les plus pauvres)

=> Les obligations
→ Défendre la cité. L’éphébie enseigne la pratique des armes et la solidarité sur le champ de bataille. Durant la guerre, le citoyen sert selon ses moyens car c’est à lui de payer son équipement.
Les plus riches financent des navires de guerre ou servent dans la cavalerie, les citoyens pauvres sont employés comme rameurs dans la marine.
→ Protéger le système politique athénien contre ceux qui pourraient vouloir s’emparer du pouvoir.
→ Participer à la vie de la cité en payant des impôts

C°) Une démocratie limitée et discutée

La démocratie, le pouvoir du peuple est de fait limité à une minorité de la population :femmes, métèques, esclaves en sont exclus. De plus inégalités existent

Les plus pauvres ne peuvent quitter leur travail malgré l’indemnité (notamment les ruraux). Par ailleurs, l’art de la parole (la rhétorique) est au coeur de la vie politique, cet art nécessite un haut niveau d’éducation et n’est accessible qu’aux plus riches.

Les assemblées sont facilement sous l’influence de ces grands orateurs, comme Périclès élu stratège quatorze ans de suite.

En 392 av. J.C, la démocratie athénienne est affaiblie et en crise après sa capitulation dans la guerre du Péloponnèse. Aristophane publie alors une pièce comique, l’assemblée des femmes afin de dénoncer la démagogie, de se moquer des athéniens et de leur exercice de la démocratie.

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Document 1. Les femmes  à la tête de la cité
Résumé de l’intrigue : Dans cette parodie, Les Athéniennes, déguisées en hommes, s’introduisent à l’ecclésia pour prendre à la place des hommes les mesures qui permettraient à la cité d’être sauvée.
Agoractive. – Qui demande la parole ?
La seconde femme. – Moi.
Agoractive. Mets la couronne et bonne chance.
La seconde femme. – Ça  y’est.
Agoractive. – Alors parle.
La seconde femme. – Ben quoi ? Je parle avant de boire ?
Agoractive. – C’est ça, tu te figures qu’ils boivent ?
La seconde femme. – Et comment, par Artémis, et du bon encore ! En tout  cas si on y réfléchit bien, tous les décrets ont l’air d’avoir été pris par des gens ivres : ils divaguent (1). Par Zeus, pourquoi feraient-ils tant de libations (2) et de prières si ce n’est à cause du vin ! Et puis, ils s’engueulent comme des ivrognes et les archers doivent parfois en embarquer quelques-uns.
Agoractive. – Eh bien toi, va-t-en t’asseoir, tu n’es bonne à rien (…). Avec votre permission, je décide que je parlerai à mon tour, après avoir pris cette couronne. Je m’adresse d’abord aux Dieux pour qu’ils  favorisent nos projets. J’appartiens comme vous à la communauté de ce pays, et je m’afflige de voir si mal menées les affaires de la cité. Elle est gangrenée (3) ! Car je la vois toujours choisir ses dirigeants parmi les plus malfaisants, et s’il en est un bon pendant un jour, il devient mauvais pendant dix. Si l’on donne les responsabilités à un autre, c’est encore pire. (…). Mais si vous m’écoutez, vous pouvez encore vous en tirer. Il vous faut confier le gouvernement de la cité aux femmes.
Toutes les femmes. – Bravo, bravo, par Zeus, bravo.
Aristophane, L’assemblée des femmes, vers 392 avant J.-C, Les Belles Lettres
=> Biographie de Périclès (à faire pour le mardi 15 novembre)
Démocratie : Régime politique dans lequel le pouvoir appartient au peuple. Dans une démocratie directe, chaque citoyen participe à la prise de décision, sans intermédiaire.

Oligarchie : Régime politique dans lequel le pouvoir est entre les mains d’un petit nombre de personnes.

Ostracisme : L’exclusion d’un citoyen, coupable de menacer la démocratie, votée à l’assemblée du peuple.

Tyrannie : Régime politique dans lequel le pouvoir est exercé par la force.

II – Citoyenneté et Empire à Rome du Ier au IIIème siècle

A) L’Empire romain et les cités

=> L’Urbs, la royauté, la république, l’empire

Fondation de Rome au VIII ème s. avt JC
Royauté (VIII – fin VIème siècle avt JC)
République (V avt JC – 27 avt JC)
=> Empire en 27 av JC. (règne d’Auguste) → 476

=> Différences avec Athènes (en terme de territoire)

• Taille et Population (Athènes = 2700 km2 – 300 000p / Rome = 4,4 millions de km2 – 58 millions de p)
• Durée (12 siècles dont 4 d’Empire contre 75 ans démocratie)

=> Ensemble de territoires gouverné par l’imperator.

=> En apparence les institutions sont conservées (Sénat). En fait l’empereur contrôle le recrutement du sénat.

=> Le princeps (premier des citoyens) concentre tous les pouvoirs :
Chef des armées
Désigne les magistrats et contrôle le cursus honorum, la course aux honneurs, qui sont les étapes de la carrière des magistrats désignés par l’empereur.
Chef religieux / Culte à sa personne
Dignité héréditaire

=> L’Empire divisé en 44 provinces qui peint un impôt et sont dirigées
soit par un proconsul nommé par le Sénat romain (provinces sénatoriales, plus anciennes)
soit par un légat ou gouverneur nommé par l’empereur (provinces impériales, plus récentes).

=> Majorité des conquêtes est due à la République => Conquêtes du IIème siècle éphémères (Trajan : Dacie, Assyrie, Mésopotamie…)
=> Chaque province garde ses coutumes et sa culture, – passé prestigieux (provinces grecques)
– civilisation originale (province gallo-romaine, par exemple)
=> En conséquence, les statuts des habitants des provinces étaient multiples et variés, notamment en ce qui concernait le Droit.

=> Pour Auguste (-27, 14) Rome doit être la capitale d’un Etat réunissant un ensemble de cités.

Intégration des cités pour les faire accéder à la citoyenneté romaine.

Les cités de droit romain : Ier siècle, tout homme libre
habitant sur le sol italien possède la citoyenneté romaine. Tout comme les colonies et municipes romains ils bénéficient du droit romain : (Ex Tarraconaise en Espagne)

Les cités de droit latin (colonies ou municipes) ont des règles spécifiques : les hommes libres faisant partie de l’élite (magistrats locaux) peuvent bénéficier et transmettre le statut de citoyen romain (droits civils). (Ex : Lyon)

Dans toutes les autres cités de l’empire, cités pérégrines, certains hommes libres sont élevés individuellement à la citoyenneté romaine. (Ex : Nicomédie en actuelle Turquie)

Définitions

Magistrature : Fonction politique chargée du pouvoir exécutif

Colonie : Citée fondée par Rome après transfert de population et attribution de terres aux habitants

Municipe : Cité promus par Rome au droit latin ou romain

Péregrin, ine(s) (peregrinus, étranger) : Dans la Rome antique, toute personne libre qui ne possédait pas la citoyenneté romaine

B) Etre et devenir citoyen à Rome

→ Fiche activité n°2 (A finir pour la prochaine fois)

Questions :
1°) (Documents 1 à 5) : Quels sont les différents moyens d’accéder à la citoyenneté romaine. Distinguez selon que cette accession soit individuelle ou collective (automatique).
2°) (Documents 1 à 5) : Montrez les limites opposées à l’accession à la citoyenneté romaine. Pourquoi peut-on affirmer que la citoyenneté romaine était avant tout perçue comme une dignité (un honneur) ?
3°) (Documents 4 et 6) : Dressez la liste des privilèges que donne le statut de citoyen romain.
4°) (Document 7) : Quelle est est l’évolution du rôle politique du citoyen?

Tâche complexe :

Dans une réponse développée, organisée et appuyée par des exemples tirés du texte, vous montrerez que la citoyenneté romaine est une dignité accordée de façon relativement ouverte (I) et qu’elle donne droit à une protection forte plus qu’à un rôle politique (II)

1°) (Documents 1 à 5) : Quels sont les différents moyens d’accéder à la citoyenneté romaine. Distinguez selon que cette accession soit individuelle ou collective (automatique).

a) la citoyenneté héréditaire
• Enfant né d’un père citoyen « Peuple romain intact de tout sang étranger » (Doc 1)

b) la citoyenneté accordée de façon automatique
• Militaires ayant effectué une longue carrière « La citoyenneté romaine est accordée aux soldats auxiliaires ayant effectué 25 ans de service » (Doc 3)
• Magistrats de cité de droit latin à la fin de leur mandat s’ils parlent latin «Claude raya de la liste un personnage de rang équestre qui comptait parmi les notables de la province de Grèce mais qui ne parlait pas latin» (Doc 2)
• Esclaves affranchis « J’ajouterai une supplication : c’est de vouloir donner à deux de ses affranchies, (…) , le plein droit de la bourgeoisie » (Doc 5)

c) la citoyenneté concédée de manière exceptionnelle, de façon individuelle ou collective

• Sur demande d’un citoyen romain. Ainsi Pline demande à Trajan de « bien vouloir accorder le droit de bourgeoisie romaine » à un médecin qui l’a soigné (Doc 5)

• Naturalisation des hommes s’étant particulièrement distingués. « Marcus Valerius Severus, (…) préfet des auxiliaires dans la guerre victorieuse contre Aedemon » (Doc 4) a des charges municipales, sa famille a été naturalisée probablement sous Auguste ou Tibère (tribu des Galeria).

Sa province (Volubilis) s’étant particulèrement illustrée à la guerre, se verra accorder « du divin Claude pour ses compatriotes, la citoyenneté romaine, le droit d’intermariage avec des femmes pérégrines, l’immunité (fiscale) pour 10 ans ». (Doc 4)
Volubilis devient donc un municipe romain

2°) (Documents 1 à 5) : Montrez les limites opposées à l’accession à la citoyenneté romaine. Pourquoi peut-on affirmer que la citoyenneté romaine était avant tout perçue comme une dignité (un honneur) ?

Si pour Auguste, il est important de « maintenir le peuple romain sans mélange et intact de toute intrusion de sang étranger » (Doc 1), Claude met en avant la nécessité de parler le latin « Claude renvoya à sa condition de pérégrin (…) un personnage de rang équestre (…) qui ignorait la langue latine » (Doc 2). Ainsi dans les premiers siècles de l’Empire, il s’agit avant tout de maintenir une citoyenneté romaine qui ne soit pas « pervertie ».

Dans le même temps la citoyenneté est accordée aux valeureux, aux militaires (Doc 3) ; il s’agit d’une forme de remerciement de l’empereur ce qui montre à quel point cette citoyenneté était prisée (importante et recherchée). C’est le cas du médecin de Pline (Doc 5) ou des habitants de Volubilis (Doc 4). Il s’agit donc d’un honneur.

3°) (Documents 4 et 6) : Dressez la liste des privilèges que donne le statut de citoyen romain.

Le statut de citoyen romain est un statut qui comporte un certain nombre de privilèges et de droits civiques et politiques :
Le premier d’entre eux est le conubium : le droit de se marier selon les lois romaines et donc de transmettre la citoyenneté « le droit d’intermariage  avec des femmes pérégrines » (doc 4)
Dans le même registre, les romains portent un nom triple (prénom, nom, surnom) c’est la tria nomina. Ils appartiennent ainsi à une tribu et peuvent être reconnus par tous. (doc 4)
Ils peuvent posséder des terres (le commercium).
Le citoyen romain peut obtenir des charges de magistrats : ordre sénatorial ou ordre équestre (chevalier). (doc 2 et 4)
Mais surtout le citoyen romain a un privilège juridique, celui d’être jugé par les lois romaines, de ne pouvoir être soumis à la torture, de n’être pas crucifié mais décapité en cas de condamnation. (Doc 6)

4°) (Document 7) : Quelle est est l’évolution du rôle politique du citoyen?

Le citoyen romain a le droit de voter (le jus suffragii) et d’être élu (le jus honorum). Sous la République le peuple « octroyait des commandements, des consulats » (Doc 7) cependant son rôle politique est de plus en plus limité par les empereurs.

La plèbe (le peuple) voit son action réduite à l’élection des magistrats de leur province et « n’aspire qu’à deux choses : du pain et les jeux du cirque » (Doc 7).
La nobilitas (anciens patriciens) se destine aux ordres sénatoriaux et équestre pour lesquels seul la décision de l’empereur et le cursus honorum ont une valeur.

=> Rôle politique limité des citoyens romains.
=> Inégalité entre les citoyens, tous ne peuvent accéder aux mêmes charges.

Tâche complexe :

Dans une réponse développée, organisée et appuyée par des exemples tirés du texte, vous montrerez que la citoyenneté romaine est une dignité accordée de façon relativement ouverte (I) et qu’elle donne droit à une protection forte plus qu’à un rôle politique (II)

Il existe différents moyens d’accéder à la citoyenneté dans l’Empire. Les conditions d’octroi de celle-ci s’assouplissent à partir de l’empereur Claude (41-54).

I – Une dignité accordée de façon relativement ouverte
A) Une accession de plus en plus large à la citoyenneté (question 1)
B) Un honneur recherché (question 2)

II – Des privilèges importants et des droits politiques limités
A) Les droits civils des citoyens romains
B) Des droits politiques limités

=> Les obligations des citoyens

– devoir fiscal : Le citoyen romain ne paye pas le tributum (l’impôt proportionnel à la fortune sur les terres et sur les biens), mais il doit s’acquitter d’autres impôts, notamment les 5 % sur les successions.

– obligation de participer à la vie civique. Il doit en outre participer aux cultes publics parmi lesquels le culte impérial instauré à partir d’Auguste, au début du Ier siècle.

obligations militaires : Enfin, le citoyen romain doit contribuer à la défense de l’Empire en combattant, ou en finançant l’armée.

=> Les exclus de la citoyenneté

Les femmes sont épouses de citoyens, elles peuvent parfois se faire accorder la citoyenneté mais ne disposent en aucun cas de droits politiques. Elles peuvent témoigner devant un tribunal et sont dispensé de tout travail.

Les esclaves ne sont pas citoyens. Affranchis, ils ont des droits politiques limités (ne peuvent être élus). Leurs enfants en revanche sont citoyens à part entière.

Les étrangers des cités pérégrines ne sont pas citoyens romains.

C) La citoyenneté romaine, outil de romanisation de l’Empire

En 212 la décision de Caracalla achevait une évolution commencée depuis le début du 1er siècle avant J.-C., mais était aussi une mesure révolutionnaire, puisqu’elle rompait avec une politique, qui avait duré des siècles et réservait cette citoyenneté romaine à une élite (avec des périodes où les empereurs se montrèrent tantôt généreux, tantôt avares).
Que tous les habitants libres soient, en 212, citoyens romains n’empêche pas d’ailleurs la société romaine d’être très hiérarchisée et inégalitaire.
III – Citoyenneté athénienne et romaine, exercice de comparaison

 


Plan du cours

I – Citoyenneté et démocratie à Athènes au V- IV è siècles av. J.-C.
A) Etre citoyen à Athènes
B) L’exercice de la citoyenneté dans la démocratie athénienne
C) Une démocratie discutée

II – Citoyenneté et Empire à Rome du Ier au IIIème siècle
A) L’Empire romain et les cités
B) Etre et devenir citoyen à Rome
C) La citoyenneté, outil de romanisation de l’Empire.

III – Citoyenneté athénienne et romaine, exercice de comparaison (carte mentale)

Compétences travaillées

Domaine 1- Langages
Analyser, comparer des documents
Travailler le début de la composition.
Travailler sur des œuvres artistiques et des textes littéraires

Domaine 2 – Les méthodes
Prendre des notes
Approfondir son travail en travaillant par objectif et cartes mentales

Travail de recherche / pour aller plus loin

Histoire des Arts
Frise des Panathénées : http://www.parthenonfrieze.gr
Pièces de théatre : Antigone, Sophocle
Les cavaliers, Aristophane
Les suppliantes, Euripide

Travail de recherche
La démocratie athénienne à l’épreuve du théâtre : La Tragédie d’Antigone de Sophocle et la critique de la raison d’Etat (En quoi le théâtre – et notamment la tragédie d’Antigone de Sophocle – est-il l’expression de la vie de la cité et à Athènes? )

Films en vrac
Pompei, Paul W.S. Anderson, 2014
Gladiator, Ridley Scott, 2000
Spartacus, Stanley Kubrick, 1960
Alexandre le grand, Robert Rossen, 1956